En Bordelais, il n'existe pas une date de vendanges : il y en a quatre. Entre les premiers blancs de l'Entre-deux-Mers et la dernière trie en Sauternes, il peut s'écouler plus de deux mois. C'est, de loin, la région française où un saisonnier peut le plus facilement enchaîner deux chantiers sans quitter son département. Toutes les dates qui suivent sont prévisionnelles : la météo du mois d'août les décale d'une année sur l'autre.
Quatre départs échelonnés dans un seul département
Les 13 appellations bordelaises que nous suivons sont toutes situées en Gironde (33), mais elles ne démarrent pas ensemble :
- Début septembre — Entre-deux-Mers (1 400 ha, Sauvignon blanc, Sémillon, Muscadelle) : les blancs secs ouvrent le bal, mais la récolte y est essentiellement mécanisée. Peu de bras recrutés.
- Mi-septembre — rive droite et Graves : Saint-Émilion (5 500 ha), Pomerol (813 ha), Pessac-Léognan (1 900 ha), Graves (3 450 ha), Côtes de Bourg (3 900 ha), ainsi que l'AOC régionale Bordeaux.
- Fin septembre — le Médoc : Médoc (5 700 ha), Pauillac (1 200 ha), Margaux (1 500 ha), Saint-Julien (910 ha), Saint-Estèphe (1 230 ha).
- Fin septembre à mi-novembre — Sauternes (2 100 ha) : un cas à part, détaillé plus bas.
Rive droite et Médoc : deux semaines d'écart à exploiter
C'est le détail que la plupart des candidats ignorent, et c'est pourtant votre meilleur levier. Saint-Émilion, Pomerol et Pessac-Léognan attaquent mi-septembre ; Pauillac, Margaux, Saint-Julien et Saint-Estèphe attendent fin septembre. L'explication tient au cépage : le Merlot, dominant sur la rive droite, arrive à maturité avant le Cabernet Sauvignon qui règne dans le Médoc.
Traduction pratique : commencez autour de Libourne, Saint-Émilion ou Saint-Christophe-des-Bardes, puis basculez sur Pauillac, Margaux, Saint-Julien-Beychevelle ou Saint-Estèphe quand la rive droite se termine. Dans votre candidature, écrivez-le noir sur blanc — « disponible du 12 septembre au 15 octobre, mobile rive droite et Médoc » pèse beaucoup plus lourd qu'un vague « disponible en septembre ».
Sauternes, le chantier le plus long de France
Sauternes ne ressemble à aucune autre appellation bordelaise. La récolte y court de fin septembre à mi-novembre et se pratique par tries successives : les équipes repassent dans les mêmes rangs, jusqu'à dix fois, pour ne cueillir que les grains touchés par la pourriture noble. 2 100 hectares, cinq communes — Sauternes, Barsac, Bommes, Preignac et Fargues — en Sémillon, Sauvignon blanc et Muscadelle.
Pour un saisonnier, c'est un profil de mission unique : la plus longue du Bordelais, en équipe réduite, avec des journées parfois suspendues quand la météo ne se prête pas au passage. On y cherche l'œil et la régularité — savoir reconnaître un grain botrytisé — plus que la vitesse pure. C'est aussi le recours de celui qui arrive tard dans la saison : quand toute la Gironde a fini, Sauternes ramasse encore.
Manuelle ou mécanique : où sont réellement les postes
Sur ces 13 appellations, huit se vendangent à la main : Saint-Émilion, Pomerol, Pauillac, Margaux, Saint-Julien, Saint-Estèphe, Pessac-Léognan et Sauternes. Quatre sont mixtes (Médoc, Graves, Côtes de Bourg, Bordeaux régional), et une seule est majoritairement mécanisée (Entre-deux-Mers).
Ciblez donc en priorité les appellations manuelles : ce sont elles qui constituent des équipes, et souvent les mêmes d'une année sur l'autre. Un premier contrat sur une propriété manuelle du Médoc ou de la rive droite vaut bien plus qu'une ligne de CV — c'est la porte d'entrée pour être rappelé l'an prochain.
Où chercher, maintenant
Nous sommes à quelques semaines du premier coup de sécateur girondin : c'est précisément le moment où les domaines bouclent leurs équipes.
- Les offres de vendanges en Bordelais publiées sur la plateforme.
- La fiche régionale Vendanges en Bordelais : conditions, profils recherchés, communes concernées.
- Le calendrier des vendanges 2026, région par région, si vous comptez enchaîner ailleurs après la Gironde.
- Les repères de rémunération sur salaire vendangeur en Bordelais — base SMIC agricole, 12,31 € brut de l'heure en 2026.
- Et avant de signer quoi que ce soit, relisez notre guide contrat vendanges.